Décarboner l'aviation : le rôle du carburant d'aviation durable et de la biomasse des graminées en C4
Découvrez comment la biomasse des graminées en C4 transforme l'aviation.

Pourquoi l'aviation a besoin d'une révolution énergétique
Le transport aérien demeure l'une des activités les plus intensives en carbone, l'industrie restant encore fortement dépendante des combustibles fossiles.
L'aviation représentait 2,5 % des émissions mondiales de CO₂ liées à l'énergie en 2023, un pourcentage qui semble faible, mais qui progresse rapidement. Entre 2000 et 2019, les émissions du secteur aérien ont augmenté plus vite que celles du rail, de la route ou du transport maritime. Avec la reprise des voyages internationaux après la pandémie de Covid-19, les émissions de l'aviation ont atteint près de 950 Mt de CO₂ en 2023, dépassant 90 % des niveaux pré-pandémiques.
L'industrie aéronautique est prête pour une croissance significative. En 2023, les compagnies aériennes ont transporté environ 4,4 milliards de passagers, selon l'Air Transport Action Group (ATAG). L'Association du transport aérien international (IATA) prévoit que ce chiffre aura presque doublé d'ici 2037, atteignant 8,2 milliards par an. À mesure que le nombre de vols augmente, l'empreinte carbone du secteur suivra la même tendance, à moins que des mesures immédiates ne soient prises.
Pour s'aligner sur le scénario de zéro émission nette d'ici 2050 (NZE), l'industrie doit rapidement développer les carburants à faible teneur en carbone, améliorer la conception des cellules et des moteurs, optimiser les opérations aériennes et mettre en œuvre des stratégies de gestion de la demande.
Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), d'ici 2030, l'aviation et le transport maritime représenteront plus de 75 % de la nouvelle demande en biocarburants, soulignant le rôle central de l'aviation dans la transition vers une énergie durable.
Le SAF est dérivé de matières premières renouvelables telles que les huiles usagées, les résidus agricoles et les cultures énergétiques, et peut également être synthétisé en capturant le carbone directement dans l'air. Contrairement aux combustibles fossiles, qui libèrent dans l'atmosphère du carbone jusque-là séquestré, le SAF recycle le CO₂ absorbé par la biomasse,, ce qui en fait une alternative plus durable. De plus, il n'entre pas en concurrence avec les cultures vivrières ou les ressources en eau, et ne contribue pas à la dégradation des forêts.
Un avantage majeur du SAF est sa capacité à être mélangé au kérosène conventionnel jusqu'à 50 % sans nécessiter de modifications des moteurs ou des systèmes de carburant des avions, ce qui en fait une solution immédiate et évolutive pour réduire les émissions.
Sur l'ensemble de son cycle de vie, le SAF peut réduire les émissions de l'aviation jusqu'à 80 % tout en restant parfaitement compatible avec les infrastructures aéroportuaires existantes. À mesure que l'adoption du SAF s'accélère à l'échelle mondiale, son rôle dans la décarbonation du secteur aérien continuera de croître.

Développer le SAF : la clé d'un avenir net zéro pour l'aviation
Le secteur de l'aviation contribue largement aux émissions mondiales de carbone, rendant le développement rapide du SAF essentiel pour atteindre les objectifs de neutralité carbone. Le SAF est une solution cruciale pour réduire l'impact environnemental de l'aviation, et son adoption progresse. À ce jour, plus de 360 000 vols commerciaux ont déjà utilisé du SAF dans 46 aéroports, principalement aux États-Unis et en Europe, démontrant son rôle croissant dans la décarbonation du transport aérien.
Cependant, la production actuelle de SAF est loin de répondre aux besoins du secteur. L'Association du transport aérien international
IATA prévoit une demande de 400 millions de tonnes de SAF par an d'ici 2050, alors que la production en 2024 n'a atteint qu'un million de tonnes (1,3 milliard de litres). Ce chiffre est nettement inférieur aux estimations initiales, qui prévoyaient une production de SAF en 2024 de 1,5 million de tonnes (1,9 milliard de litres). D'ici 2025, la production devrait atteindre 2,1 millions de tonnes (2,7 milliards de litres), ce qui ne représente que 0,7 % de la production totale de carburéacteur.
Cet écart flagrant souligne le besoin urgent d'innovation, d'investissement, d'élargissement des matières premières et de développement des infrastructures pour intensifier la production de SAF et en faire une alternative viable au carburéacteur fossile.
Les gouvernements et les décideurs politiques répondent à ce défi. L'UE et le Royaume-Uni ont introduit des mandats d'incorporation de SAF, obligeant les compagnies aériennes à intégrer 2 % de SAF d'ici 2025, avec des objectifs atteignant 10 % au Royaume-Uniet6 % dans l'UE d'ici 2030. Ces réglementations reflètent l'urgence croissante d'accroître la production et l'adoption des SAF, afin de garantir que l'aviation puisse opérer sa transition vers un avenir net zéro.
Des partenariats stratégiques moteurs d'innovation
Les collaborations sont essentielles pour faire progresser les technologies de biocarburants et intensifier la production de SAF. Des leaders de l'industrie tels que Licella et Shell Catalysts & Technologies sont les pionniers de solutions de bioraffinerie intégrées qui améliorent les rendements en biocarburants tout en réduisant les coûts de production à l'échelle mondiale.
Notre partenariat avec Votion Biorefineries s'inscrit dans cette vision, en accélérant le développement de biocarburants avancés grâce à l'innovation dans la biomasse et à des collaborations industrielles stratégiques. En combinant nos expertises et nos ressources, nous propulsons la prochaine génération de solutions de carburants durables, soutenant ainsi la transition du secteur aérien vers un avenir net zéro.
Exploiter la biomasse de graminées en C4 pour la production de biocarburants
Chez Jord, notre partenariat avec Votion Biorefineries nous place à l'avant-garde de cette transition. L'expertise de Votion dans la conversion de diverses biomasses en biocarburants avancés et en SAF complète notre spécialisation dans la culture et la commercialisation de biomasse de graminées en C4 cultivée sur des terres marginales et dégradées. Cette collaboration répond non seulement à la demande croissante en bioénergie, mais contribue également de manière significative à la production de pétrole brut biosourcé et de SAF, ouvrant la voie à une aviation plus durable.
Pourquoi choisir la biomasse d'herbes en C4 pour le SAF ?

Le SAF est confronté à des défis majeurs en termes de disponibilité, d'évolutivité et de durabilité des matières premières. Actuellement, le SAF repose sur des huiles usagées, des graisses et des résidus agricoles, dont l'approvisionnement est limité et soumis à des contraintes régionales. La biomasse d'herbes en C4 représente une alternative révolutionnaire en améliorant la disponibilité des matières premières, garantissant ainsi une chaîne d'approvisionnement plus diversifiée, évolutive et résiliente pour la production de biocarburants. Jord étend actuellement ses activités en République dominicaineetau Sénégal, avec des projets ambitieux de développement à plus grande échelle par la culture d'herbes sur des terres marginales dans plusieurs nouveaux sites.
Principaux atouts de la biomasse d'herbes en C4 pour la disponibilité et l'évolutivité des matières premières
- Diversification des matières premières : Les herbes en C4 constituent une matière première non alimentaire évolutive, qui complète les sources existantes et réduit la dépendance aux déchets limités.
- Culture sur terres marginales et dégradées : Les herbes en C4 prospèrent sur des terres marginales ou dégradées, évitant ainsi toute concurrence avec l'agriculture tout en augmentant la surface totale disponible pour la culture de matières premières destinées au SAF. Cela réduit non seulement la pression sur la production alimentaire, mais crée également des opportunités d'emploi dans les zones rurales où le développement économique est nécessaire.
- Rendement élevé en biomasse pour un approvisionnement accru : Les herbes en C4 peuvent produire jusqu'à 50 tonnes de biomasse par hectare et par an, surpassant largement de nombreuses cultures bioénergétiques traditionnelles. Leur cycle de croissance rapide garantit un approvisionnement en biomasse continu et évolutif pour répondre à la demande croissante en SAF.
- Séquestration du carbone et avantages en matière de durabilité : Les herbes en C4 capturent et stockent efficacement le CO₂, contribuant ainsi à une production de SAF à bilan carbone négatif. Leurs systèmes racinaires profonds restaurent la santé des sols, renforcent la biodiversité et améliorent la rétention d'eau, augmentant ainsi la durabilité des chaînes d'approvisionnement en biocarburants.
En fournissant cette biomasse aux bioraffineries de Votion, nous renforçons la flexibilité et l'évolutivité des matières premières, soutenant ainsi la production de SAF, de diesel marin, de pétrole brut biologique, etc., à l'échelle mondiale.
Notre engagement pour un avenir durable
- Implantation de bioraffineries dans des régions de production clés : Construction de bioraffineries dans des régions à fort potentiel comme la République dominicaine et le Sénégal, où la biomasse d'herbes en C4 peut être cultivée sur des terres marginales. Cela permettra non seulement de soutenir les économies locales et de créer des emplois, mais aussi de faciliter le développement d'installations de production à grande échelle qui minimisent les émissions liées au transport.
- Développement d'offres commerciales conjointes: Combiner notre expertise pour créer des solutions de biocarburants renouvelables et évolutives qui exploitent la biomasse des graminées en C4 comme matière première polyvalente et fiable pour le SAF, le diesel marin, le pétrole brut biologique, et plus encore. Notre approche se concentre sur le développement d'un approvisionnement en matières premières robuste et diversifié, capable de monter en puissance de manière significative au fil du temps.
- Faire progresser la recherche et le développement: Mener une R&D complète pour optimiser les performances et la viabilité économique de la biomasse des graminées en C4 pour la production de biocarburants à grande échelle. Nos recherches se concentreront sur la maximisation du rendement en biocarburants avancés, sur la garantie de la durabilité à long terme de l'approvisionnement en matières premières et sur l'avancement de la technologie nécessaire pour soutenir la production de SAF à des volumes capables de répondre à la demande mondiale croissante.
- Mise en œuvre de modèles économiques évolutifs et durables: Collaborer sur des stratégies de financement et des solutions de mise à l'échelle pour permettre la production de plusieurs centaines de milliers de tonnes de SAF d'ici 2040. Nous adopterons une approche par étapes, permettant une expansion rapide à mesure que la demande de SAF augmente, tout en veillant à ce que les communautés et les écosystèmes locaux bénéficient de la croissance du secteur.
- Mise en service d'installations conjointes axées sur l'échelle: Notre vision à long terme inclut la mise en service de la première bioraffinerie conjointe au cours des huit prochaines années, avec la capacité de produire du SAF à grande échelle. En étendant la production à plusieurs régions, nous visons à augmenter progressivement la capacité, contribuant ainsi à terme à fournir des millions de tonnes de SAF au marché mondial d'ici 2040 et au-delà.
Conclusion : une voie collaborative vers une aviation durable
La transition vers le SAF n'est plus une option, c'est une nécessité. Alors que le transport aérien mondial continue de croître, la réduction de l'empreinte carbone du secteur de l'aviation est essentielle pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Cependant, malgré son potentiel, la production de SAF reste bien en deçà des niveaux requis pour répondre à la demande de l'industrie, soulignant le besoin urgent d'investissements, de soutien politique et d'expansion des infrastructures.
Chez Jord, notre collaboration avec Votion Biorefineries illustre le type de partenariats stratégiques nécessaires pour accélérer l'adoption du SAF. En tirant parti de la biomasse des graminées en C4, nous améliorons l'évolutivité, la flexibilité des matières premières et la durabilité, garantissant que les biocarburants deviennent une solution viable et à long terme pour l'aviation.
À l'avenir, l'innovation continue, la collaboration et l'engagement seront essentiels pour rendre le SAF largement disponible et compétitif en termes de coûts. Les gouvernements, les industries et les institutions de recherche doivent travailler ensemble pour construire une chaîne d'approvisionnement en SAF robuste, capable de soutenir les objectifs de décarbonation de l'industrie aéronautique.
En augmentant la production de carburant durable, en faisant progresser les technologies de biocarburants et en développant des solutions de bioraffinerie intégrées, nous pouvons ouvrir la voie à un avenir plus propre et plus vert pour l'aviation. Le chemin à parcourir est difficile, mais grâce à une action collective, une industrie aéronautique plus durable est à portée de main.